Saison 2009/2010
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Pratique
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Le match d'improvisation ®
Les photos de presse
Ce spectacle est, avant tout, l'identité de l'improvisation théâtrale. La TIR en joue plusieurs dans la saison, à domicile ou à l'extérieur sur invitation d'autres ligues... A Rennes, elle se produit principalement à la Salle de la Cité où elle accueille des équipes confirmées ou professionnelles avec la complicité d'une fanfare magistrale : la Compagnie Orange Acoustique. En voici une présentation détaillée...
10 commandements ®
1. Le jeu consiste dans l’affrontement de deux équipes composées de six joueurs – improvisateurs (trois femmes – trois hommes) et d’un entraîneur. Un arbitre et ses deux assistants voient à ce que le jeu se déroule selon les règlements. Pendant toute la durée de l’improvisation, le joueur ne peut quitter l’aire de jeu (la patinoire).
2. Chaque partie a une durée de 90 minutes, c’est à dire trois périodes de 30 minutes. Un arrêt de 10 minutes est prévu entre chaque période.
3. A l’intérieur de la période de 30 minutes, il n’y a aucun arrêt du temps, bien qu’il y ait des arrêts de jeu.
4. Une sirène annonce la fin de chaque période.
5. Les improvisations sont de deux ordres : A) Improvisation comparée : chaque équipe, à tour de rôle, doit improviser sur le même thème. L’équipe désignée au hasard par la couleur de la rondelle a le choix de commencer ou non. Aucune communication ne sera permise pendant l’improvisation de l’autre équipe. En cas d’infraction, une pénalité sera décernée à l’équipe fautive ay moyen d’un mouchoir jeté au sol par les assistants - arbitres. B) Improvisation mixte : un ou des joueurs des deux équipes doivent improviser ensemble sur le même thème.
6. Déroulement de chaque improvisation : A) L’arbitre tire au hasard une carte qu’il lit à haute voix : a) Nature de l’improvisation (comparée ou mixte) b) Titre de l’improvisation c) Nombre de joueurs (selon la nature de l’improvisation) d) Catégories (s’il y a lieu) e) Durée de l’improvisation. B) Les joueurs et l’entraîneur ont vingt secondes pour se concerter et prendre place sur la patinoire. L’arbitre signale le début de l’improvisation par un coup de sifflet. C) Dans le cas d’une improvisation comparée, la rondelle est lancée après la concertation de vingt secondes. D) L’improvisation terminée, chaque spectateur est appelé à choisir l’équipe gagnante de l’improvisation en montrant la couleur de son panneau de vote correspondant à l’équipe de son choix.
7. Si à la fin de la première et de la deuxième période, l’improvisation n’est pas terminée, elle reprend au début de la période suivante, au point où elle s’était arrêtée (même(s) position(s) et reprise de la dernière réplique). S’il reste moins d’une minute à jouer dans une improvisation, le maître de cérémonie signale, à l’aide d’un carton blanc, que l’improvisation doit être terminée, même si les trente minutes sont écoulées.
8. Dans les quinze dernières minutes de la troisième période, les thèmes sont choisis dans un barillet spécial ne contenant que des improvisations mixtes n’excédant pas huit minutes. En troisième période, si la fin du temps réglementaire de trente minutes est atteinte pendant une improvisation comparée, celle-ci se déroulera jusqu’à écoulement de son temps.
9. En cas d’égalité, à la fin du temps réglementaire de 90 minutes, une improvisation supplémentaire sera jouée. S’il y a égalité dans le compte des votes, le match sera décrété nul et donnera un point à chacune des équipes. En semi-finale, et en finale, en cas d’égalité après les trois périodes réglementaires, le jeu se poursuivra en période supplémentaire jusqu’à ce qu’un point soit marqué.
10. L’arbitre est le maître absolu du jeu. A tout moment, il peut imposer une pénalité à un joueur ou à une équipe pour toute infraction nuisant à la qualité du jeu ou au déroulement de la partie. Au cours d’une improvisation, l’arbitre signale une pénalité au moyen d’un "gazou". La pénalité est annoncée avant le vote sur l’improvisation. Le joueur ou l’équipe pénalisée se voit accorder un ou deux points de pénalité selon la nature de l’offense (pénalité mineure – pénalité majeure). Une pénalité majeure est une infraction qui détruit sciemment le jeu, tandis qu’une pénalité mineure peut être un oubli, une maladresse, un retard, etc. L’accumulation de trois points de pénalité (total accumulé chronologiquement par les joueurs et leur équipe) donne automatiquement un point à l’équipe adverse. Tout joueur ayant récolté deux pénalités pendant la même partie est expulsé du jeu pour la fin de cette joute et il doit se retirer dans le vestiaire. Son expulsion efface les points de pénalité résultant de se deux fautes, s’ils n’ont pas déjà été totalisés. Les points de pénalité et de toutes fautes subséquentes, par ce joueur, sont versés au dossier de l’équipe. Si à cause de son absence, son équipe ne peut remplir les exigences de la carte d’improvisation, l’autre équipe gagne l’improvisation par défaut. Seul le capitaine de chaque équipe a le droit de demander des explications à l’arbitre. Toute discussion avec ce dernier doit se dérouler dans le cercle au centre de l’aire de jeu. En cas d’expulsion du capitaine, celui-ci sera remplacé par l’assistant capitaine.

Historique
Le match d'improvisation a déjà une longue histoire depuis sa naissance au Québec, il y a une quinzaine d'années.
A l’origine du match d’improvisation, à Québec, un théâtre déserté faisait face à une patinoire de hockey sur glace qui ne désemplissait pas. Yvon Leduc et Robert Gravel, ses créateurs, eurent alors l’idée de monter un spectacle de théâtre d’improvisation calqué sur les règles du hockey.
Ils ont ainsi détourné la patinoire, les chemises rayées et les tiers-temps pour donner aux amateurs de théâtre et aux acteurs le frisson direct, de l'invention, du danger.
Le jeu a rapidement trouvé son public (toujours plus nombreux) puis a traversé l’Atlantique et réunit aujourd’hui la Francophonie dans un même élan. Il est pratiqué en France, au Québec, en Belgique et en Suisse, mais aussi au Maroc, en Italie, en Allemagne et en Espagne...
Protagonistes

Un match d’improvisation rassemble 18 comédiens et des musiciens, répartis comme suit :
- Deux équipes de 6 joueurs, chacune (3 hommes et 3 femmes).
- Deux coachs (entraîneurs), qui assistent chacun une équipe.
- Le personnel d’encadrement regroupé sous le nom de « staff » et composé de :
L’arbitre, chef suprême et autoritaire du match. Intransigeant, il se doit aussi d’être habile et de prouver au public partisan qu’il a raison. Il rythme la joute en énonçant des sujets plus surprenants les uns que les autres, en signalant les fautes commises au moyen d’un code gestuel des plus élaborés. Ceci en demeurant imperturbable au risque de crouler sous un déluge de pantoufles ; car il doit, à tout moment, être capable de justifier ses décisions par des explications fondées sur son professionalisme. Plus encore que le maître de cérémonie, il est le véritable animateur de la soirée. Les assistants arbitres, quant à eux, secondent l’arbitre dans sa lourde tâche et veillent, comme lui, au respect de l’éthique du jeu.

Le maître de cérémonie, commentateur du match. En début de soirée, il présente le staff et les équipes. Pendant le match, il annonce les fautes, donne des repères temporels à l’arbitre, doit être en symbiose avec les musiciens pendant tout le déroulement du match. En fin de match, il fait le commentaire du jeu, procède à la remise des étoiles, interviewe les capitaines, annonce les prochains rendez-vous, remercie les partenaires.

Les musiciens créent l’ambiance, accueillent le public, « chauffent » la salle. Ils remplissent les temps morts en jouant (par exemple pendant les 20 secondes de réflexion sur les thèmes, pendant un compte de cartons). Ils peuvent être appelés à jouer dans des improvisations musicales (ils jouent alors en tournant le dos aux comédiens).Le rythme du match repose sur un bon fonctionnement du triangle formé par l’arbitre, le maître de cérémonie et les musiciens. Il n’y a aucun temps mort dans le déroulement du jeu. Quelle que soit la catégorie (professionnelle, amateur, junior), l’organisation d’un match exige un staff compétent... Enfin, la participation à un match nécessite de la part des comédiens un entraînement sérieux et régulier, ainsi qu’une formation spécifique.
Mise en scène
Un match d’improvisation se joue sur une patinoire de 6 mètres sur 6, sans glace, entourée de gradins sur trois côtés. Les spectateurs sont munis d’un carton de vote bicolore, d’un règlement officiel et d’un chausson à lancer pour manifester leur possible mécontentement à l’encontre d’un protagoniste de la soirée. Le maître de cérémonie préside la séance, l’arbitre, flanqué de ses deux arbitres-assistants, s’assure du bon respect des règles de l’improvisation. Le jeu se joue sur trois périodes de trente minutes chacune, espacées de deux pauses de jeu de dix minutes. Pendant les périodes de jeu naissent sous les yeux des spectateurs une quinzaine d’histoires humaines, invraisemblables, fantastiques, poétiques, et surtout uniques et éphémères.
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Déroulement
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Après les cinq minutes d’échauffement réglementaire, les joueurs sont prêts. Ils vont alors entonner leur hymne respectif avant de regagner leur banc.
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La tension monte, l’arbitre ne va pas tarder à annoncer le premier thème d'improvisation. Le tirage au sort est fait, " La première improvisation est une improvisation comparée ayant pour thème ............. , nombre de joueurs ..., catégorie ..................., durée de l’improvisation x minutes ."
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Les équipes se concertent chacune de leur coté . 20 secondes plus tard, l’arbitre siffle et l’équipe de gauche est désignée par le palet pour commencer (tirage au sort tel un pile ou face avec un palet bicolore) ... ... La fin de l’improvisation est sifflée, l’arbitre fait appel à ses assistants et demande au public de voter pour l’équipe de son choix à l'aide du carton de vote bicolore. Les assistants déterminent l'équipe gagnante à la couleur majoritaire, comptent en cas de litige. L'équipe rouge a gagné, un nouveau thème est tiré...
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Signes d'arbitrage ®
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1. Majeure : double mouvement des bras de haut en bas
2. Jeu retardé : mouvement rotatoire de la main, l'index levé.
3. Nombre illégal de joueurs : mouvement de la main qui frappe la tête.
4. Accessoire non respecté : la main tirant le chandail.
5. Procédure illégale : coups répétés sur la bras avec le tranchant de la main
6. Cabotinage : pied de nez.
7. Thème non respecté : rectangle dessiné dans le vide avec les deux index.
8. Cliché : tape sur le talon. |

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9. Décrochage : mouvement du bras, de haut en bas, avec le poing fermé.
10. Confusion : rotation complète des bras devant le tronc.
11. Rudesse excessive : coup de poing dans une main ouverte.
12. Refus de personnage : la main masque la figure.
13. Obstruction (majeure) : les bras font un X vers les épaules.
14. Mauvaise conduite (majeure) : les mains sur les hanches.
15. Punition de match (majeure) : double mouvement des mains sur les hanches.
16. Manque d'écoute : la main sur le poignet |
Catégories
La catégorie correspond à la façon de jouer l’improvisation, c'est une contrainte imposée par l'arbitre. Il en existe sept officielles, la dernière étant particulière puisqu'elle peut se décliner à volonté.
1. Sans parole
2. Silencieuse
3. Chantée
4. Avec accessoire
5. Poursuite (l’équipe n°2 continue l’improvisation commencée par la n°1).
6. Musicale
7. A la manière de... Il existe un nombre très important (voire illimité !?) de manières... En voici un échantillon limité et dans le désordre (encore faudrait il qu'il y ait un ordre !) : Kafka, Roman photo, Shakespeare, Chanson de Geste, Cartoon, Tennessee Williams, Sitcom, Vaudeville, Tragédie grecque, Audiard, Conte de fées, Chrétien de Troyes, Tarantino, Roman noir, Duras, Molière, Brecht...
Plus d'informations grâce au travail de recensement de Julien Gigault, improvisateur depuis 1992 mais aussi arbitre et formateur depuis plus de 10 ans...

Bibliographie
- Augusto Boal
Jeux pour acteurs et non-acteurs : Pratique du théâtre de l'opprimé
La Découverte, Paris, 1997.
- Sandra Caruso & Paul Clemens
The actor’s book of improvisation
Penguin Books, New York, 1991.
- Daniel Chartrand
Brisez la glace! - Organisation d’une ligue d’impro
Théâtre - Action, Ottawa, 1987.
- Marie Desranleau
Les échanges communicationnels dans le jeu d’improvisation théâtrale
Université du Quebec à Montréal, Montréal, 1989.
- Robert Gravel & Jean-Marc Lavergne
IMPRO, Réflexions et analyses & IMPRO, Exercices et analyses
Leméac, Montréal, 1987 & 1989.
- Alain Heril & Dominique Mégrier
Entraînement à l'improvisation théâtrale
Éditions Retz, 1999.
- Keith Johnston
Impro - Improvisation and the theatre
Faber and Faber, London, 1979.
- Paul Lefebvre
La Ligue nationale d’improvisation
Université de Montréal, Montréal, 1982.
- Bernard Martineau
Sur l’improvisation comme processus de créativité au théatre
Université du Québec à Montréal, Montréal, 1985.
- Patrick Pezin
Le livre des exercices à l'usage de l'acteur
L'entretemps, Paris, 1999.
- Viola Spolin
Improvisation for the theatre
Northwestern university press, Evanston, 1983.
- Constantin Stanislavski
La formation de l'acteur
Éditions Pellegrin, Paris, 1963.
- Christophe Tournier
Manuel d'improvisation théâtrale
Éditions de l'eau vive, 2003.

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