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Le Blog 100 % théâtre d'impro !

Contenu imprévisible ! La TIR - comédiens, fan-club, experts, staff, formateurs, invités, coachs, arbitres, improvisateurs chevronnés - vous fait partager sa vision de l'improvisation théâtrale depuis les coulisses. En bref, retours sur les spectacles, impressions et réflexions sur l'impro en général, à Rennes et en Bretagne en particulier, dans le monde amateur ou professionnel ; sans oublier les derniers articles de presse, les compositions d'équipe et d'autres infos particulières.

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Saison de l'audace

par Alain (voir le profil du rédacteur)

Une nouvelle saison pour la TIR, pleine d'audace et de nouveautés.

Tout d'abord, nouveauté dans sa composition : un des plus larges recrutements de son histoire, et que du beau monde. Onze nouvelles recrues, déjà bercées de théâtre, qui veulent maintenant apprendre les fondamentaux de l'improvisation théâtrale : créer une mise en scène, des dialogues et une histoire en s'exploitant sans limite à partir de tout indice capté hors de sa propre personne.

Ensuite, l'officialisation des deux nouveaux spectacles élaborés l'année dernière.
- Le cabaret clandestin qui se place dans un univers futuriste et proche, où la culture a été interdite par le gouvernement. Une évolution pleine de sens de notre ancien spectacle "le cabaret" permettant encore plus d'improvisation.
- Le commando, qui apparait maintenant officiellement dans notre programmation, qui a déjà testé l'année dernière dans plusieurs lieux couverts ou en plein air. Ce spectacle nous permet d'aller en force dans un lieu où le public ne nous attend pas, pour proposer notre spectacle aux spect-acteurs présents. Autant dire que la prise de risque est maximale pour les comédiens de la TIR qui s'y frottent.

Dernier défi à remporter dans l'année : installer un tournoi annuel de catch d'impro sur Rennes, spectacle méconnu des rennais. Ce spectacle présente un aspect de l'impro assez nouveau pour la TIR puisqu'il semble mettre en avant des vedettes, des individualités. Pour autant, avec les 4 catcheurs sur scène, c'est tout le contexte autour de ce spectacle qui permet au public de ressortir avec une pêche terrible, obligé de prolonger la soirée jusqu'au bout de la nuit.


Publié le 01/12/2009 @ 15:56  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 


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Billet d'étais

par Alain (voir le profil du rédacteur)

Les années se suivent et ne se ressemblent que peu. Toutefois j'ai longtemps donné à mes années un point commun : celui d'un entrainement hebdomadaire et de quelques spectacles délivrés ici ou là, à l'occasion.
Mais la perception du temps évolue avec l'âge, notre perception évolue d'autant avec l'âge. Aujourd'hui, je la fige.
Qu'ai-je connu comme cadre d'improvisation entre La Rochelle, Nantes, Jussieu et Rennes ? Quelles sont les visions radicales qui se sont opposées ? Voici un billet qui vous propose de décrire rapidement quatre troupe/ligues faisant de l'improvisation théâtrale, les quatre troupes que j'ai croisées pendant ces quelques années.
J'utilise le terme comédien pour les professionnels et membre ou amateur pour les comédiens amateurs.

La Compagnie de la Tasse de Thé, à La Rochelle, proposait une initiation au théâtre d'improvisation étudiant. L'occasion de découvrir nos corps et nos langages, ceux des autres amateurs, en temps réel. C'est avec la Cie de la Tasse de Thé que j'ai présenté mon premier spectacle extra-scolaire, sous la forme d'un café théâtre autour de différents textes de Jean-Michel Ribbes, plus ou moins long selon chacun. La proximité des comédiens, leur engagement dans ce qu'ils délivraient, les propositions de spectacle faisaient que, dès la première année, les amateurs étaient acteurs de leur formation et pouvaient proposer un spectacle adapté à leurs capacités.

La Ligue Universitaire D'Improvisation de Jussieu (Ludi) avait une vision festive et productive de l'improvisation étudiante. L'amphi 24 était une institution, le public était déjà conquis. L'objectif premier était de produire des matchs et d'honorer ce rendez-vous mensuel de l'amphi 24. Cela signifiait également rencontrer de nombreuses autres troupes en France et en Europe. Pour cela, la présence de professeurs comédiens était devenu une évidence, qui avait son prix. Le temps ne comptait plus, les entrainements avaient parfois lieu plusieurs fois par semaine, le week-end lors de stages. Il y avait beaucoup à apprendre, il fallait également apprendre à oublier. La Ludi proposait une structure étudiante composée d'étudiants disponibles pour faire vivre cette structure. C'est une association fantastique qu'il est difficile de quitter, nous ne sommes pourtant pas étudiant à vie. Mais elle doit rester étudiante. Des mini-troupes se dégageaient et montaient ici ou là des spectacles propres sous la forme de cabaret ou de pièces classiques. La Ludi était génératrice de rencontres et stimulait la créativité débordante de ses membres.

La Ligue d'Improvisation Nantes Atlantique m'a permis de continuer à pratiquer l'improvisation mais dans un contexte très différent. La séparation très hiérarchisée des cours (délivrés par des comédiens) permettait à chacun d'évoluer à son rythme mais ne favorisait pas les échanges. Les ateliers ouverts au public étaient des ateliers d'initiation et le niveau atteint dans ce cadre ne permettait pas de réaliser de spectacle. Dans ce contexte, les amateurs étaient consommateurs des enseignements de la ligue, ils n'étaient pas et ne pouvaient pas en être acteurs. Ce cadre proposait à des adultes débutants des activités posées d'initiation au théâtre. Certains « élèves » participaient dans un but thérapeutique, pour se sentir mieux, les amis conseillent parfois le théâtre pour les timides... Je pense pour ma part que le théâtre d'improvisation peut être terriblement destructeur car il n'y a ni texte ni mise en scène pour tenir le comédien.

Enfin, la Troupe d'Improvisation Rennaise propose une formation exigeante et des spectacles variés. Première spécificité, l'accès à l'association se fait par audition. Ce casting permet de garder une cohésion au groupe. Cela permet également de conserver un effectif optimal où chacun peut rapidement participer à un spectacle. Comme les autres troupes, les cours sont délivrés par des comédiens. Comme la Ludi, elle propose des comédiens variés sur plusieurs séances pendant quelques semaines dans l'année, comme la Lina elle propose des comédiens formateurs qui s'inscrivent dans la durée. La Tir n'étant pas une association "étudiante", elle est mixte et ses membres ont divers âges, diverses vies et différentes disponibilités. Néanmoins, elle parvient à concilier la baisse progressive d'investissement de certains membres grâce à la motivation des nouveaux arrivants. Cette cohabitation étant rendue possible en particulier par l'accès rapide aux spectacles et les entrainements communs entre anciens et nouvelles recrues. Essentiellement pour éviter les problèmes d'ego, les membres de la Tir délèguent la composition des différents spectacles aux comédiens formateurs qui se retrouvent eux à jongler avec les susceptibilités de chacun et qui s'en Tir très bien. Enfin, la troupe a permis cette année de créer deux spectacles originaux. Elle stimule donc la créativité de ses membres, grâce au soutien de ses formateurs.

Quels sont alors, selon moi, les recettes qui font qu'une troupe d'improvisation fonctionne, est créative et propose des spectacles de qualité ?
- des cours délivrés par des comédiens
- des comédiens référents
- un accès rapide pour les membres aux spectacles
- une troupe non thérapeutique
- des entrainements mixant anciens membres et nouveaux membres
- l'existence de sous-projets en dehors de la troupe.


Publié le 30/07/2009 @ 14:44  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 


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Résistance

par BB (voir le profil du rédacteur)

A l'image de son nouveau spectacle, le cabaret clandestin, la TIR sera en résistance en 2009.

Résistance contre les législations toujours plus restrictives sur les spectacles, l'emploi d'intermittents ou l'accueil du public.
Résistance pour avoir encore le droit de créer toujours et encore pour notre plaisir, pour celui des spectateurs et des équipes qui nous offrent de les rencontrer.
Résistance contre la morosité ambiante et l'immobilisme.
Résistance contre ceux qui pensent qu'on ne sait plus s'engager.

Qu'en cette année 2009, la TIR soit un lieu d'échanges entre des troupes de différents horizons, des spectateurs et des joueurs, des amateurs et des professionnels, un lieu de passage ouvert sur les autres pour faire de l'improvisation théâtrale, non pas un jeu d'élus mais une offre de rencontres...


Publié le 10/04/2009 @ 21:58  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 


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Au delà de l'élitisme, une mission ?

par pouze (voir le profil du rédacteur)

Je sais que ce billet devrait être un commentaire de celui de stiff (Sam STP ne le rétrograde pas en commentaire numéro 9) mais ma modestie presque égale à celle de Matthieu me pousse à en faire un billet à part entière.
Ma position au sein de la TIR est certes différente de celle des membres historiques et bénévoles. J'improvise depuis plus de 18 ans (je suis un improvisateur majeur moi). La Tir tient une place très importante dans cette pratique, dans ma vie (j'y ai des amis, je crois, voire plus...). je vis et j'ai vécu d'autres aventures improvisées (c'est pas le bon adjectif mais j'aime laisser planer un doute pseudo-érotique), au Malin (canal historique) à la LIN puis à la LINA, à Saint-Nazaire, à Cordemais... équipes de tous âges et de tous statuts...
Long préambule auto-satisfait pour dire que, pour moi, la Tir est un moyen (le meilleur que j'ai trouvé actuellement) et non un but.
Un moyen de faire vivre, de développer, de promouvoir la belle invention de Gravel (et Leduc). nous avons tous vécu, je crois, ces rencontres avec d'autres improvisateurs où l'on se dit: putain (des fois on est vulgaire dans le monde de l'impro, on est quand même des artistes, merde), on joue au même jeu alors qu'on ne se connait même pas.
Cependant, les choses étant ce qu'elles sont, O Tempora O Mores, la discipline s'est autonomisée et démocratisée. il fut un temps où le match d'impro était pratiqué par des comédiens professionnels assez fous pour se risquer à un exercice où il jouait leur réputation dans le "métier" qui, Marie, n'a rien d'une grande famille (ou alors une famille à la Festen). Il le faisait non seulement pour leur propre plaisir (pour le fun comme disent les jeunes) mais aussi persuadés que cette forme de spectacle n'est pas une simple forme dégradée du Théâtre, qu'elle agit spécifiquement sur le public et plus important encore qu'elle permet une création collective. L'improvisation théâtrale, le théâtre improvisé se doit d'être autre chose que du mauvais théâtre, que du théâtre pas répété, de la même façon que le rock n'est pas du mauvais Jazz (même si, merveille de l'inconscient, je mets une majuscule à Jazz et pas à rock).
Cependant, le temps béni des colonies (tu vois Matthieu j'ai aussi des références) est derrière nous, tant mieux sans doute. l'improvisation est maintenant majoritairement pratiquée par des amateurs. Le monde de l'amateurisme est même devenu le vivier des équipes pros. Ce ne sont plus les comédiens pros qui se mettent à l'impro mais les improvisateurs amateurs qui deviennent comédiens pros. Tant mieux! Tant pis! tant mieux tant pis!
Dont acte. Cette démocratisation de l'improvisation a des conséquences, des bonnes et des mauvaises.
Le monde de l'amateurisme produit le meilleur et le pire. (c'est déjà ça, j'ai tendance à penser que le monde du professionalisme produit surtout le pire, autre débat). La Tir fait partie de ce monde. Comment peut-elle s'y situer, s'y déployer ? Je ne crois pas à une vision dichotomique des choses: les bonnes équipes et les mauvaises. il existe des équipes qui sont comme ceci à tel moment. N'avons nous pas la "mission" en tant que troupe reconnue, de qualité, structurée, de louer le rôle que la LIMA joua pour la Tir? Certes l'Afli n'existe plus, nous pouvons le regretter (paix à son âme). Comment de notre place d'excellence pouvons-nous contribuer à structurer le champs chaotique de l'improvisation française?
La Tir le fait déjà peu ou prou en choisissant de jouer quelques équipes labellisées "Gala" dans ses matchs à la Cité. Je ne le regrette ni ne le critique. J'ai toujours plaisir à revoir nos amis de la décade ou de la lism. Ne pouvons-nous pas imaginer cependant d'autres moyens pour rencontrer d'autres équipes, proches géographiquement notamment. N'y a-t-il pas possibilité d'organiser non pas des spectacles (ne risquons pas notre image) mais des temps de rencontre, stage ou entaînement, permettant d'échanger, de partager nos pratiques (bon moyens également pour les quelques célibataires ou libertins de la Tir de se prévaloir dans leurs approches amoureuses du prestige tirien). Ce travail de sensibilisation, de structuration du réseau, de formation, devrait être celui des troupes professionnelles... elles sont là-aussi souvent défaillantes...
En queqlues mots, ne pas être une troupe élitiste mais élitaire selon le mot de Vitez (incultes, allez sur Wikipédia), c'est à dire "élitiste pour tous".
Je sais que les tiriens sont déjà bien occupés par leur propre troupe, mais bon "I had a dream..."


Publié le 23/12/2008 @ 16:36  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 


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Excellence ou élitisme ?

par stiff (voir le profil du rédacteur)

De la prise en compte du spectateur dans les spectacles d’improvisation  théâtrale amateur.

Samedi dernier nous avons joué lors d’un festival d’improvisation théâtrale. Après le match, nous avons eu l’occasion d’entendre nombre de comédiens de ligues différentes donner leur opinion de la TIR : une troupe certes brillante mais inaccessible, pédante, pratiquant l’élitisme, pas sympa, hautaine face aux autres équipes… bref absolument pas ouverte et foncièrement antipathique.

Evidemment, ce genre de retour nécessite  une remise en question.  Pourquoi donnons- nous cette image de nous même ? Qu’avons-nous fait qui justifie une telle renommée ? Je suis bien entendu personnellement mortifiée d’entendre ce genre de choses. Parce que, présente dès la création de la TIR, j’ai personnellement cultivé ce qu’aujourd’hui on nous reproche, et que pourtant je continuerai à cultiver tant que je jouerai au sein de cette troupe.

Pour comprendre, il faut remonter 10 ans en arrière, aux origines de la Troupe.  Aucune ligue n’est encore créée à Rennes. Nous sommes quelques uns, issus d’une compagnie de théâtre existant encore aujourd’hui, la Dolce Vita, à préférer le travail d’improvisation à celui du théâtre classique. Nous décidons donc de partir de la compagnie pour fonder notre « ligue ». Mais nous choisissons, à la différence des autres équipes existant déjà dans d’autres villes françaises, de ne pas prendre le nom de « ligue » justement ; le concept nous parait trop flottant, nous souhaitons que l’esprit de troupe, avec ce qu’il comporte de proximité, de contact, de connivence et de communauté d’esprit apparaisse et perdure dans l’objet même du nom que nous nous choisirons. Ainsi la TIR, Troupe d’Improvisation Rennaise, naît, et son nom ne doit rien au hasard ou à la musicalité du patronyme. Quelques années plus tard on assiste à un phénomène intéressant sur Rennes et ses environs : toutes les équipes qui se créent choisissent elles aussi le nom « Troupe » pour début de leur sigle…

Mais revenons à nos débuts. Comme toute équipe débutante, nous étions plein de morgue et de fougue, tout à fait persuadés qu’au bout de 3 mois d’entraînements hebdomadaires (assumés tour à tour par l’un d’entre nous, avec les immenses compétences que l’on nous devine alors, du haut de nos 20 ans et de notre expérience au moins longue comme le petit doigt) nous pouvions sans souci jouer devant du public. Ce que nous avons fait (les premiers cabarets sous le nom de la TIR eurent lieu au Jardin des Plantes rue St Melaine, café théâtre aujourd’hui devenu une pizzeria). Comment nous remettre en question alors que nos spectacles étaient combles, que le public se gondolait devant nos lamentables prestations ? Il faut dire qu’à l’époque, la nouveauté du jeu attirait les foules. L’improvisation théâtrale n’était pas encore très médiatisée, et Rennes n’avait connu que très peu de spectacles se revendiquant de cette pratique. De plus, et je crois me souvenir que c’est à Pierre Houzé que l’on doit cette vérité, « l’impro c’est le truc le plus facile pour se donner en spectacle : pas besoin d’être bon, rien que le fait de monter sur scène avec rien a déjà un côté si impressionnant que la moitié de la salle est acquise. Celle qui est dure à attraper, c’est l’autre moitié, celle qui est déjà venue deux ou trois fois et qui commence à se rendre compte de la supercherie ».   Mais continuons l’histoire… Vint un jour (au bout d'un an environ) ou, passionnés que nous étions, nous nous sommes confrontés à nos pairs, comédiens de l’AFLI (association française des ligues d’improvisation) et de la LIMA (Ligue d’impro Maine Anjou), des gens essayant de donner à l’improvisation ses lettres de noblesse en proposant de vrais spectacles mis en scène, travaillés, rythmés. Nous découvrions le match d’improvisation, et en même temps l’étendue de nos lacunes. C’est grâce à ces comédiens et à leur œil extérieur sans concession (je me souviendrai toujours de ce stage ou l’un d’eux nous a dit : soit vous arrêtez là, soit vous pensez à vous former vraiment, mais arrêtez le massacre) que nous avons pris une toute autre direction pour la TIR : puisque nous aimions vraiment cette pratique théâtrale, autant la promouvoir dans ce qu’elle peut donner de meilleur, tant  au comédien qu’au spectateur. C’est ainsi que la notion d’ « école d’impro » a fait son apparition à la TIR. Nous nous sommes donnés les moyens d’engager des professionnels en tant que formateurs. Des personnes compétentes et reconnues dans le milieu, qui se sont engagées sur de véritables programmes pédagogiques à nos côtés. Nous avons choisi de payer plus cher notre loisir, parce qu’il était bien plus qu’un loisir pour nous. Nous nous sommes engagés à être présents, à ne pas consommer ce que la TIR pouvait nous apporter mais bien à en être des acteurs volontaires et militants. Nous avons changé l’objet de nos statuts, et de « association réunissant des personnes désirant pratiquer l’improvisation théâtre », l’objet est devenu « association dont le but est de former des personnes désireuses de jouer des spectacles d’improvisation théâtrale de qualité ».

Nous avons connu plusieurs générations de joueurs et joueuses à la TIR. Certains et certaines ont marqué leur passage et continuent aujourd’hui leur parcours dans d’autres ligues, parfois même en tant que professionnels. Chaque personne qui est passée par la TIR peut témoigner de la particularité de cette troupe, qui lie un fort esprit d’équipe à une organisation éprouvée, même si elle est remise en question à chaque saison. Même en nous développant, nous avons toujours privilégié trois valeurs essentielles :
  • L’esprit de Troupe (qui veut par ailleurs que nous nous prenions que très peu de monde à chaque saison, nous refusons d’avoir plus de deux groupes d’entraînement, et chacun de ces groupes ne doit pas être composé de plus de 12 personnes)
  • Le respect du public (qui veut que nous travaillons beaucoup et le cadre de nos spectacles, et la formation- essentielle- et les rythmes de programmation annuelle, le tout dans un contrat pédagogique que nous passons avec nos formateurs. Qui veut également que chaque membre comédien de la Troupe s’engage littéralement à suivre les entraînements de façon rigoureuse. Et qui veut enfin que nous l’accueillons dans les meilleures conditions possibles,  avec un staff digne d’une équipe technique professionnelle)
  • L’engagement associatif fort (qui veut que chaque membre de la Troupe s’engage, au-delà des spectacles, à donner de son temps pour l’association : en tant que membre votant, d’une part, mais également en tant que staff, en tant qu’administrateur, en tant que responsable de commission, etc.. Nous avons une structure interne que nous avons mis du temps à trouver, mais qui aujourd’hui a fait ses preuves.

Enfin, je tiens à signaler que nos programmations sont étudiées pour laisser la place à plusieurs types de spectacles. Ainsi nous ne jouons « à domicile » que 3 à 4 matchs d’impro par saison, et nous avons choisi, par convenance, de ne garder ce spectacle qu’en spectacle « phare » pour la troupe : nous ne le programmons donc qu’à la Cité, et uniquement en matchs dits « de gala », c'est-à-dire en y invitant des équipes d’impro ayant déjà fait leurs preuves. C’est un choix que nous assumons, nous avons longtemps joué des matchs dans une plus petite salle, à la Bellangerais, et nous aimions recevoir de nouvelles équipes amateurs. Mais nous avons préféré développer le DEUS, forme qui nous satisfaisait plus, que de garder ces matchs intermédiaires. Voilà pourquoi nous recevons peu d’équipes à la TIR…

Maintenant que vous avez l’historique et que vous avez eu un aperçu de l’évolution de la TIR, nous pouvons revenir à la question de ce sujet : excellence ou élitisme ? De la prise en compte du spectateur dans les spectacles d’improvisation théâtrale amateur.

Parce qu’au final, c’est bien de cela que nous parlons : avons- nous, oui ou non, conscience de notre public ? Que lui proposons-nous lorsque nous l’invitons à un spectacle d’improvisation ? Dans un contexte économique de plus en plus difficile, nous continuons à pratiquer des tarifs relativement bas (dans à peu près toutes les ligues en tout cas) afin de rendre nos spectacles accessibles au plus grand nombre. C’est très bien, mais cela veut- il dire que nous pouvons nous permettre de leur proposer n’importe quoi ? Avez- vous déjà vu un spectacle payant ou le comédien se pointe en disant « j’ai oublié mon texte, on va faire autre chose », où le magicien arrive sans aucun tour à présenter, où le trapéziste n’a pas de trapèze ? Avez- vous déjà payé une place de ciné pour un film pas monté ? Êtes- vous déjà allés à un concert dans lequel le groupe est trop défoncé pour jouer ?  (Bon là Ok,  çà a pu vous arriver …) Alors pourquoi se permettre de le faire en théâtre d’improvisation ? Pourquoi envoyer au casse pipe des équipes trop jeunes, pas formées, en les dégoutant par la même occasion du jeu, et en donnant aux spectateurs une fausse idée de ce que peut être un spectacle d’impro ? Qui peut se targuer d’être devenu un bon joueur d’impro au bout de deux mois de formation?  Qui peut prétendre ne pas avoir besoin de travailler pour être comédien ? Il ne faut pasoublier que la formation d’impro est doublement difficile : il fautapprendre sur soi, et il faut apprendre sur le collectif. C’est à mon sens unedes plus grandes difficultés à laquelle un comédien peut se confronter :il ne suffit pas d’avoir un sens inné du spectacle et de briller en solo,encore faut- il savoir écouter son équipe, jouer le collectif et comprendre cequ’il se passe au sein du groupe et dans l’histoire. Il faut acquérir des codescommuns, il faut se forger des référentiels communs, il faut passer du tempsavec l’autre. Il faut se faire une expérience, reconnaître et s’appuyer surcelle des autres. Il faut de l’humilité. Il faut ravaler son égo personnel,pour construire un égo commun à la troupe. Ce serait donc cet égo commun que l’on nous reproche ? Mais nous n’avons jamais été avares de nos personnes !  Nous aimons toujours autant ce que nous faisons, et notre plus grand souhait, lorsque nous jouons avec de nouvelles équipes, est que cet amour du jeu passe. Nous essayons de nous rendre disponibles aux sollicitations d’autres équipes, tout en prévenant que nous ne rendons que rarement les dates (voir plus haut dans le texte pourquoi). Certains et certaines d’entre nous à la TIR cumulent des années d’expérience, et partagent cette expérience avec les nouvelles recrues que nous prenons tous lesans. Nous n’envoyons jamais nos jeunes joueurs seuls en spectacle. Nos formateurs s’assurent de leur solidité, de leur capacité à jouer devant un public, puis les intègrent à des équipes ou des joueurs dits « cadres » sont en responsabilité. Je ne prétends pas que cette recette soit unique, ou bien soit la meilleure. Nous n’avons jamais dénigré les équipes qui préfèrent faire les choses de manière différente, et considérons qu’il y a de la place pour tout le monde. Mais ne nous demandez pas de changer : nous ne changerons pas. Si vous êtes intéressés par notre vision du monde, alors nous pouvons la partager. Si vous ne l’êtes pas, allez en paix, et laissez nous vivre ! C’est aussi ça, l’impro : entrer dans le monde de la tolérance et du respect…

Soumis au débat le 1er décembre 2008
Stiff, pour la TIR.


Publié le 01/12/2008 @ 16:25  - 8 commentaires 8 commentaires - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 


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